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IRAN
28.06.2004
European Union challenged about
the Middle East's biggest prison for journalists
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=10852
Reporters Without Borders today
addressed an open letter to the European Union asking about the EU delegation
that was in Tehran on 14-15 June taking part in a dialogue about human rights
with the Islamic Republic. The organisation criticised the continuing threats
against members of the news media and the deterioration in the situation of
imprisoned journalists.
"This dialogue, launched in 2001, has not yet led to any decrease in
repression but it allows the Iranian regime to maintain 'good relations' with
the European countries," Reporters Without Borders secretary-general Robert
Ménard pointed out in his letter.
"Reporters Without Borders would like to ask you in future to take account
of the reports and recommendations provided by the independent and
representative organisations of Iranian civil society," the letter said,
urging the European Union to adopt a "firm position" with the Iranian
authorities as regards putting a stop to the repression.
"We point out that 120 newspapers have been banned since 2001, more than 50
journalists have been detained and 11 are still in detention, making Iran the
biggest prison for journalists in the Middle East," the letter continued.
"One wonders what to make of the Iranian government's remark on 20 June
that it is the European Union that should learn from Iran about human
rights."
Eleven journalists are
currently in prison:
-
Akbar Ganji, a journalist
with Sobh-e Emrouz, held since 22 April 2000
- Hassan Youssefi
Echkevari of
Iran-e Farda, held since
5 August 2000
- Hossein Ghazian
of Norooz,
held since 31 October 2002
- Abbas Abdi
of Salam,
held since 4 November 2002
- Ali-Reza Jabari
of Adineh,
held since 17 March 2003
- Siamak Pourzand,
a contributor to several independent newspapers, held since 30 Mars 2003
- Taghi Rahmani
of Omid-e Zangan,
held since 14 June 2003
- Reza Alijani,
the editor of Iran-e Farda and winner of the Reporters Without Borders-Fondation
de France prize, held since 14 June 2003
- Hoda Saber,
managing editor of Iran-e
Farda, held since 14 June
2003
- Iraj Jamshidi,
editor of the business daily
Asia, held since 6 July
2003
- Ensafali Hedayat,
a freelance journalist held since 16 January 2004.
On 20 June, the lawyers of
Reza Alijani,
Taghi Rahmani and
Hoda Saber addressed an
open letter to the head of the Iranian justice system, Ayatollah Shahroudi,
protesting against the irregularity and illegality of their clients' arrests,
trials and prison conditions. They described the mistreatment and torture
undergone by the clients, reporting that, "They were interrogated, insulted
and beaten for hours to make them 'confess' to the charges brought against
them." The lawyers also said they never had access to their clients' files,
they could not talk to their clients and they received no official notification
of their clients' conviction.
Reporters Without Borders is also very concerned about the disappearance of
journalist Iraj Jamshidi,
who was imprisoned on 6 July 2003. There has been no word of him for some time.
On the eve of the visit of UN special rapporteur Ambeyi Ligabo from 4 to 11
November 2003, Jamshidi was transferred from his solitary confinement cell in
the basement of Evin prison to a communal cell but was subsequently moved back
to the basement. He has received only one visit in almost a year, coinciding
with the special rapporteur's visit, and he has still not been tried.
Journalists continue to be summoned and arrested despite the European
delegation's visit to Tehran.
Emadoldin Baghi, a
journalist and rights activist, has been summoned to appear today before the
Tehran revolutionary tribunal. Sentenced to three years in prison in October
2000, Baghi has been an active press freedom campaigner since his release last
year and has created an organisation that defends prisoners of conscience. As he
was given a one-year suspended sentenced on 4 December 2003, he is in danger of
being re-imprisoned.
Iranian journalists in exile in
Europe continue to be subject to pressure from the Iranian judicial authorities.
Such is the case of Sina
Motallebi, a journalist
with the reformist daily
Hayat-e Now and moderator
of the website www.rooznegar.com,
now in exile in the Netherlands. Motallebi was arrested and held in solitary
confinement from 20 April to 12 May for allegedly "jeopardizing national
security by means of an artistic activity."
The Iranian authorities have been embarrassed by the accounts of his personal
experiences which Motallebi has given since leaving Iran. He has not hesitated
to talk about his arbitrary arrest, the ban on his access to a lawyer, the
confessions that were extorted from him, and the fact that he was held in secret
for several weeks in Evin prison. Motallebi spoke at a press conference on 8
June at Reporters Without Borders headquarters in Paris. The account he gave of
his imprisonment was reported by the print media and the Franco-German
television station ARTE. His father was summoned by the judicial authorities in
Tehran the next day. The authorities have said that if Motallebi does not turn
up for his trial, set for 19 July, his father will be required to pay
on-the-spot bail of 30 million tomans (about 30,000 euros at the official rate).
IRAN
28.06.2004
Reporters sans frontières interpelle l'Union européenne
sur la plus grande prison de journalistes au Moyen-Orient
Dans une lettre ouverte,
Reporters sans frontières a interpellé la délégation européenne qui a récemment
pris part au dialogue avec la République islamique sur la question des droits
de l'homme, les 14 et 15 juin à Téhéran. L'organisation a dénoncé la
poursuite des menaces à l'encontre des professionnels de la presse et la dégradation
de la situation des journalistes emprisonnés.
" A ce jour, ce dialogue, entrepris depuis 2001, n'a pas permis de diminuer
la répression, tout en offrant au régime iranien la possibilité de préserver
de " bonnes relations " avec les pays européens.. [Š] Reporters sans
frontières vous demande, à l'avenir, de prendre en compte les recommandations
et les témoignages des associations indépendantes et représentatives de la
société civile iranienne. Nous souhaitons également que l'Union européenne
adopte une position ferme vis-à-vis des autorités iraniennes afin de mettre un
terme à cette répression. Rappelons que depuis 2001, 120 titres de presse ont
été interdits, plus d'une cinquantaine de journalistes interpellés dont 11
sont toujours en détention, faisant de l'Iran la plus grande prison des
journaliste au Moyen-Orient. Que dire dans ce contexte du gouvernement iranien,
qui affirmait le 20 juin 2004 : 'C'est à l'Union européenne d'apprendre de
l'Iran en matière de droits de l'homme !' ", a écrit Robert Ménard, secrétaire
général de Reporters sans frontière.
11 journalistes
actuellement en prison :
- Akbar Ganji,
journaliste à Sobh-e
Emrouz, emprisonné
depuis le 22 avril 2000.
- Hassan Youssefi
Echkevari, d'Iran-e
Farda, emprisonné depuis
le 5 août 2000.
- Hossein Ghazian,
de Norouz,
emprisonné depuis le 31 octobre 2002.
- Abbas Abdi,
de Salam, emprisonné
depuis le 4 novembre 2002.
- Ali-Reza Jabari,
d' Adineh,
emprisonné depuis le 17 mars 2003.
- Siamak Pourzand,
collaborateur de plusieurs journaux indépendants, emprisonné depuis 30 mars
2003.
- Taghi Rahmani,
d'Omid-e Zangan,
emprisonné depuis le 14 juin 2003.
- Reza Alijani,
rédacteur en chef de
Iran-e Farda et lauréat
du prix Reporters sans frontières-Fondation de France, emprisonné depuis le 14
juin 2003.
- Hoda Saber,
directeur de Iran-e Farda,
emprisonné depuis le 14 juin 2003.
- Iraj Jamshidi,
rédacteur en chef du quotidien économique
Asia, emprisonné depuis
le 6 juillet 2003.
- Ensafali Hedayat,
journaliste indépendant, emprisonné depuis le 16 janvier 2004.
Dans une lettre ouverte, datée du 20 juin 2004 et adressée au chef du système
judiciaire iranien, l'ayatollah Shahroudi, les avocats de
Reza Alijani,
Taghi Rahmani et
Hoda Saber ont protesté
contre l'irrégularité et l'illégalité des arrestations, des jugements et des
conditions de détention de leurs clients. Les avocats ont notamment décrit les
maltraitances et les tortures qu'ils ont subies : " Ils ont été interrogés,
insultés et frappés durant des heures pour "avouer" les accusations
portées à leur encontre." Les avocats ont également rappelé qu'ils
n'ont jamais eu accès au dossier de leurs clients, ni pu s'entretenir avec eux,
pas plus qu'ils n'ont reçu de document officiel sur la condamnation des trois
journalistes.
Reporters sans frontière est également
très inquiète de la disparition du journaliste
Iraj Jamshidi, incarcéré
le 6 juillet 2003, dont l'organisation est sans nouvelles. A la veille de la
visite du rapporteur spécial des Nations unies, M. Ambeyi Ligabo, du 4 au
11 novembre 2003, le journaliste avait été transféré de sa cellule
d'isolement en dortoir, puis avait regagné les sous-sols de la prison d'Evin.
Il n'a reçu qu'une seule visite depuis près d'un an, coïncidant avec le séjour
de M. Ligabo, et n'a toujours pas été jugé.
Au moment de la visite de la délégation européenne à Téhéran, convocations
et interpellations de journalistes se sont poursuivies. Ainsi,
Emadoldin Baghi,
journaliste et militant pour la défense des prisonniers d'opinion, a été
convoqué ce 28 juin par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Déjà
condamné en octobre 2000 à trois ans de prison ferme, il avait multiplié, à
sa sortie de prison en 2003, les actions en faveur de la liberté d'__expression
et avait créé une association de défense des prisonniers d'opinion. Condamné
à un an de prison avec sursis, le 4 décembre 2003, Emadoldin Baghi risque à
nouveau d'être incarcéré.
En Europe, des journalistes iraniens en exil continuent d'être harcelés par la
justice, comme Sina
Motallebi, journaliste du
quotidien réformateur
Hayat-e Now et animateur
du site www.rooznegar.com,
aujourd'hui en exil aux Pays-Bas. Sina Motallebi avait été incarcéré et placé
en isolement entre le 20 avril et le 12 mai 2003 pour " atteinte à la sécurité
nationale à travers une activité artistique ".
Depuis sa sortie du territoire, Sina Motallebi est un témoin gênant pour les
autorités iraniennes. Il n'a pas hésité à parler de son arrestation
arbitraire, du refus d'avoir accès à un avocat, des aveux qui lui ont été
extorqués et de sa détention au secret pendant plusieurs semaines dans la
prison d'Evin. Le 8 juin, Sina Motallebi était notamment intervenu lors d'une
conférence de presse organisée au siège de Reporters sans frontières à
Paris. Le récit de son emprisonnement avait été repris dans la presse et sur
la chaîne de télévision franco-allemande
Arte. Le lendemain, à Téhéran,
son père a été convoqué par la justice. La date du procès de Sina Motallebi
a été fixée au 19 juillet prochain et les autorités ont signifié que, en
cas d'absence de l'accusé, son père devrait verser immédiatement une caution
de 30 millions de tomans (environ 30
000 euros au taux officiel).
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(norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org /
iran@rsf.org)
Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
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